VU DE MARS

Le point de vue de l'ermite de la planète Mars.

Censuré lors de sa première rédaction en 1981, et repris en 2007 avec l’apport d’un regard jeune, « Mythes et arnaques énergétiques » est sorti le 26 mars aux éditions de la Maison du Bailli. Et dans les prochains mois sortira aux éditions ADICE « Nos déchets en questions, Mythes et arnaques en rudologie », qui circulait en samizdat depuis 1996 et qui a été lui aussi revu avec un jeune coauteur.
Mais ces mythologies ignorent un mythe transcendant de loin les problèmes énergétiques, et particulièrement redoutable ; un mythe ancré dans les esprits depuis que Keynes l’a exalté comme sauveur des USA après la crise de 1929 : celui de la croissance. Combien de fois par semaine entendons nous dire qu’avec une croissance de 5%, tous les problèmes de chômage (entre autres) seraient résolus ?
Nos énarques seraient-ils à ce point ignares en mathématiques ? Toute personne ayant pratiqué quelque peu cette science sait qu’une croissance annuelle d’un certain pourcentage, quel qu’il soit, est une fonction exponentielle, croissant de plus en plus vite en valeur absolue. On peut supporter un certain temps un tel développement, mais il ne peut mathématiquement être durable !
Le terme français de « développement durable » traduit mal le terme anglo-saxon de « sustainable development ». On pouvait pourtant le traduire littéralement en « développement soutenable », tout en sachant que cet adjectif français a un double sens : celui de la continuité (un effort soutenu) et celui de l’acceptabilité (une douleur qui n’est pas insoutenable).
Mais cette traduction moins trompeuse n’aurait pas pour autant rendu la chose possible. Les enfants du baby-boom, drogués à la croissance « à deux chiffres » et à l’inflation de même métal, peuvent (suivant une méthode que F. DE CLOSETS décrit très bien dans « ENCORE PLUS ») refiler la grenade dégoupillée à leurs enfants ; ces enfants qu’ils exploitent en leur faisant payer, alors qu’ils sont en pleine force de travail, des retraites « par répartition » que les malheureux n’ont aucune chance de pouvoir toucher quand il y « auront droit » ! Mais cela ne désamorce pas la bombe ! On ne pourra indéfiniment augmenter la consommation d’une population mondiale en croissance elle aussi exponentielle. Et on le pourra d’autant moins longtemps qu’en remplaçant le terme de « pays sous développés » par celui de « pays en voie de développement » on fait croire aux milliards de ressortissants de ces pays qu’ils peuvent se joindre à la course folle !
Il n’est pas de marée montante qui ne finisse par descendre. Etudier les modalités d’une civilisation de la décroissance est impensable... mais pourtant inéluctable, quoiqu’en disent les politiques qui maintiennent les illusions... et leurs privilèges.
On peut mettre à mort les CASSANDRE. On a beaucoup moqué MALTHUS d’avoir craint la surpopulation dans un monde peuplé alors de moins d’un milliard d’individus. Mais c’est le propre des prophètes d’affronter cette vérité proférée par je ne sais plus qui « il n’est pire tort que d’avoir raison trop tôt ».

 

L'ermite de Mars

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