VU DE MARS

Le point de vue de l'ermite de la planète Mars.

Dans un précédent vu de Mars  j’avais posé quelques questions (im)pertinentes sur l’incidence réelle de nos consommations d’énergie produisant du CO2 sur l’effet de serre et le collatéral réchauffement de la planète, sujet agitant fortement les hominiens, européens du moins ; car jusqu’à un passé récent, les médias US contestaient la réalité de l’échauffement de l’atmosphère.
Mais tout à coup la rumeur d’un revirement brutal arrive jusqu’ici : les US admettent d’un coup le réchauffement et l’incidence des émissions de CO2 sur celui-ci ; en revendiquant d’ailleurs pour un de leurs spationautes la découverte de cette évolution !
J’en ai trouvé l’explication dans ENERGIE PLUS qu’une navette spatiale spéciale apporte en mon ermitage, et que tous les lecteurs de ce « point de vue » lisent certainement aussi. L’analyse faite dans le numéro spécial sur l’approche du problème in USA fut pour moi, je l’avoue, une illumination aussi brillante que celle de Paul/Saul de Tarse sur le chemin de Damas , ou celle de Gotama sous son arbre: la découverte d’une perspective évidente !
Il est évident que la réduction des consommations de combustibles fossiles serait mauvaise pour la santé… financière des grandes sociétés pétrolières ou charbonnières, généralement américaines. Alors, consommons, mais en captant le CO2 produit pour le réinjecter dans le sol, pour supprimer les effets putativement mauvais !   .     
Techniquement, il est évident que les poches géologiques d’où l’on a extrait le gaz naturel sont assez étanches pour recevoir le CO2 ; ainsi qu’une bonne partie des niches géologiques ayant contenu du pétrole. Injecter le gaz en haut de cloche sous forte pression et à haute température est d’ailleurs un moyen connu d’extraire les fonds de gisements pétroliers actuellement inexploités et qui seront demain précieux.
Certes, capter le CO2 en sortie de chaudières, le comprimer ou liquéfier pour le transporter et le réinjecter coûtera de l’argent… mais cet argent sera du cash pour ceux qui savent faire des forages, des pipe line, comprimer du gaz: les pétroliers ! Pour ce formidable business en vue, lutter contre l’effet de serre devient un argument de vente dont les ayatollahs verts sont les commis voyageurs. D’où le revirement.
Il paraît que cette volte face s’accompagne in USA d’un effort de recherche équivalant à tous les budgets de recherche français tous domaines ! Il est donc évident qu’elle va déboucher ; et vite !
Evidemment, il n’est pas question de capter le CO2 produit par mon âtre à feu de bois. Il faudra donc concentrer les transformations énergétiques, les industries, les habitats humains: tout cela n’a rien de déplaisant pour les industriels sus évoqués. Les permis de construire et plans d’urbanisme ont déjà obligé les ex ruraux à quitter leurs campagnes pour les cités édéniques des banlieues, la formule est généralisable (Londres a déjà interdit les chauffages individuels)… Et ceux qui auront les moyens de payer les 60% de pertes induits par la malédiction de Carnot Clausius pourront éviter la promiscuité… en utilisant l’électricité produite en centrale nucléaire ou en centrale thermique avec récupération.
Notre civilisation européenne résistera ? Certes : comme elle a résisté à la fabrication à la chaîne, à la filière nucléaire PWR, au Coca Cola, au chewing gun, aux MacDonalds et à la vente en grandes surfaces…  Les lendemains qui chantent sus évoqués sont donc un avenir incontournable.
… mais personnellement, je trouve mon ermitage martien nettement plus agréable (tant qu’un règlement d’utilité publique ne m’en expulse pas )

 

                                L'ermite de Mars
 

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