VU DE MARS

Le point de vue de l'ermite de la planète Mars.

Il y a bientôt dix ans, j’ai eu l’idée de proposer à nos villes clientes de comparer, comme elles le faisaient déjà pour l'énergie par notre truchement depuis plus de 20 ans, les quantités de déchets produites par habitant et les coûts de collecte et de traitement de ces ordures. Cette initiative saugrenue chatouilla l'esprit d'un ancien camarade devenu haut responsable d'un très grand prestataire du secteur qui me tança : "Alors maintenant tu viens nous chercher des poux dans la tête dans le domaine des déchets !"
Rapidement nous avons découvert que peu de villes disposaient de ces données. Le plus souvent, elles avaient confié la gestion des ordures à un SIVOM avec pour président, le très débordé maire de la plus grande ville, pour secrétaire général celui de la dite ville, et comme seul employé permanent une secrétaire sans moyens. Certes, quelques audits - réguliers ou ponctuels - nous ont permis quelques découvertes amusantes, mais ils n’ont concerné que quelques millions d’habitants.
Pour élargir notre banque de données, nous avons imaginé de poser simplement la question : "Quel est le montant de la TEOM (ou de la REOM ) par habitant ?". Las : il s’avéra vite que les villes ignoraient tout autant cette donnée simple. Car (le saviez-vous ?) cette taxe, prélevée en même temps que la taxe foncière et seule récupérable sur le locataire correspond à un pourcentage de la valeur locative de l'immeuble . Le calcul du taux, effectué par les services fiscaux est calculé en divisant le montant global de la dépense prévue indiqué par la ville ou par le SIVOM par la somme des valeurs locatives de la commune. Et ce montant total est souvent aussi difficile à connaître que le code de mise à feu de la force de frappe !
Peu de contribuables épluchent leur feuille d’impôts fonciers jusqu’à cette dernière ligne… sauf quand elle augmente d’un coup de 150%, comme cette année dans une ville voisine de mon ermitage : dans ce dernier cas, quelques esprits malins se posent quelques questions :


En tous cas, le système actuel interdit pratiquement tout contrôle de la gestion des collecteurs. Est-ce pour cela que les pouvoirs publics, qui – toutes couleurs politiques confondues – veulent éviter à tout prix un contentieux avec ces grands prestataires, cherchent à faire collecter directement la dite TEOM par les syndicats intercommunaux, les SIVOM ou les communautés de communes ?
Retenez donc qu’en 2001 la collecte et le traitement des ordures ménagères ont coûté à chacun d'entre vous entre 250 F et 650 F par habitant (38 à 100 euros ). La palme de l'économie revient aux petits SIVOM ruraux (à collecte en principe plus coûteuse) qui ont choisi la REOM, et donc la transparence …

Avouez que la question mérite d'être posée !

 

                                L'ermite de Mars
 

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