VU DE MARS

Le point de vue de l'ermite de la planète Mars.

Depuis qu’une Ariane dont j’ai oublié le numéro m’a déposé en cet ermitage d’où j’observe les moeurs des hominiens, je constate qu’un problème les agite beaucoup : l’évolution de la teneur en gaz carbonique (dioxyde de carbone, CO2) de l’atmosphère qui les entoure, teneur qui selon certains serait en forte hausse du fait de leurs activités industrielles (et ménagères), et mère de nombre de problèmes actuels et à venir. Car cette augmentation, par effet de serre, augmenterait la température de la terre, ou plus exactement de la petite couche gazeuse où les hominiens s’agitent, engendrant la fonte des banquises et autres glaciers et la disparition de terres faiblement émergées mais fort peuplées comme le Bangladesh ; ce qui est  très fâcheux (en particulier pour les Bengalis).
D’ici, je puis constater qu’en effet le glacier d’Argentière où je faisais hier (c’est à dire il y a quelques décennies humaines) des combats de boules de neige a reculé de plusieurs centaines de mètres, obligeant les enfants à se déplacer pour se battre, ce que la civilisation automobilistique du XXI° siècle leur interdit : c’est peut-être de ce fait le seul endroit de la biosphère dont la pacification progresse ! Mais la sonde américaine qui vient régulièrement me déranger en tournant autour de la terre ne constate m’a t’on dit aucune évolution de la t° moyenne de l’atmosphère.  Ce phénomène, positif pour les pacifistes et inquiétant pour les écologistes militants, est-il réel, et vraiment dû à la généralisation du chauffage central dans nos belles vallées, complété par l’influence des usines de Maurienne ? Les dits écologistes en sont sûrs, mais moi je m’interroge : notre orgueilleux anthropocentrisme n’exagère t’il pas notre influence sur la biosphère ?
Car le carottage des couches glaciaires polaires permet de constater un rapport certain entre le taux de CO2 de l’atmosphère et la t° ambiante ; mais sans répondre au vieux problème de l’œuf et de la poule : où est la cause, où est l’effet ? Le thermicien que je fus avant d’être ermite a retenu un fait certain : quand on chauffe de l’eau, elle peut dissoudre moins de gaz,  ce qu’on utilise depuis M. WATT pour les éliminer des productions de vapeur. Or la terre, mal nommée, est essentiellement recouverte d’eau !  Elever de 1° la t° des océans libère inéluctablement d’énormes quantités de gaz, dont le CO2 ; qui changeant les coefficients radiatifs de la terre augmente la t°  (effet de serre); et donc le dégazage des océans : en principe, le phénomène devrait « diverger » comme une bombe atomique, s’amplifier  jusqu’à la fin (de l’humanité, voire de la biosphère).
Mais la glaciologie nous montre que le doublet température/teneur en CO2 a déjà atteint des valeurs élevées au temps de Cro Magnon, dont les activités industrielles semblent avoir été fort réduites ! Les valeurs actuelles dépassent-elles les dernières suscitées ? Merci de nous le dire, messieurs les vrais scientifiques glociologues !
Un autre point certain : l’O.N.F. qui suit les forêts françaises depuis plusieurs siècles constate que dans les dernières décennies la production de bois a augmenté dans des proportions appréciables ! Ce qui veut dire que la nature s’adapte à une augmentation de CO2 en augmentant l’absorption du dit gaz pour en faire entre autres du bois et des fleurs.  N’est ce pas poétique ?
Peut-être l’augmentation de la teneur en CO2 empêchera t’elle de respirer les humanoïdes ayant échappé à la noyade liée à l’échauffement. Mais honnêtement, ne peut-on dire qu’ils ne l’ont pas volé ? Et en tous cas, une chose est rassurante : la biosphère s’adaptera  rapidement à ces nouvelles conditions, avec ou sans humanité . C’est rassurant, non ?

 

                                L'ermite de Mars

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