VU DE MARS

Le point de vue de l'ermite de la planète Mars.

On m’apporte en mon ermitage un journal local dans lequel un maire annonce à ses administrés une hausse de leurs impôts locaux liée entre autres au service d’enlèvement des ordures, rebaptisées déchets ménagers : cette requalification réservant l’ancien qualificatif aux discours politiques explique peut-être un traitement plus délicat coutant plus cher, mais certains citoyens risquent quand même de s’étonner.
Car en leur demandant à grands renforts de publicité et d’ambassadeurs de tri de faire l’effort de trier leurs déchets pour permettre le recyclage d’une partie des emballages, cartains naïfs s’attendaient à payer moins cher puisqu’on récupérait de la matière !
Ceux-là ignoraient évidemment le résultat d’un audit effectué par nos soins en 1998 dans un centre ne triant que des bouteilles plastiques. Ainsi séparé de ceux des verres, papiers et ferrailles, ce tri revenait en fonctionnement 2.640 FTTC par tonne, 4257 F avec les annuités, 7.300 F avec les collectes et transports, moins 1500 F/tonne  payés par ECOEMBALLAGE. Ce coût pour la collectivité de l’ordre de 6.000 F/tonne est à rapprocher de celui de la résine vierge (3.000 F/tonne) et de la valeur marchande de la résine recyclée dont personne ne veut . (1.500 F/tonne) Notons d’ailleurs que les 1.500 F d’ECOEMBALLAGES sont évidemment payés par les consommateurs lors de leurs achats de produits emballés, mais ceci sort des budgets communaux !
Cela n’empêche que toutes les communes se bousculent pour mettre en place cette fameuse collecte séparative. Et quand nous auditons les rares communes ayant fait l’effort d’essayer d’y voir clair dans des contrats aussi transparents que le Mur de l’Atlantique, nous devons reconnaître que l’opération s’avère effectivement rentable pour la commune, engendrant le plus souvent une diminution globale des coûts de l’ordre de 10%.
Quel est ce miracle ? Le Dieu intervenant ici est comme d’habitude en France, l’ETAT, qui accorde une réduction de la TVA de 19,5 à 5,5 sur l’ensemble des coûts de traitement et collecte si on fait de la collecte sélective ! Ce qui revient à donner sur les impôts nationaux 14% du coût global des ordures aux grands prestataires de service pour faire fonctionner leurs centres de tri, collectes sélectives etc. Bien entendu, ça aide !
Mais alors, comment se fait-il que le coût global augmente dans un Syndicat Intercommunal pratiquant pourtant la collecte sélective ? Nous n’avons pas audité celui-là, mais il n’est pas impossible que certains collecteurs soient encore plus gourmands que leurs confrères !

 

                                L'ermite de Mars
 

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